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Le garçon de la piscine

Le garçon de la piscine

Salvatore Calcagno / Garçongarçon asbl
09 - 13.12.2014

Fiche pédagogique

Des garçons sont enfermés dans une piscine par Aquila, une femme fascinée par leur beauté, qui a décidé de les collectionner comme des œuvres d’art. Ils veulent s’évader pour atteindre un phare, près duquel est étendue Corvo, une sirène mi-femme mi-oiseau qui les attire avec son chant maléfique… A travers Le garçon de la piscine, Salvatore Calcagno crée une histoire de fascination mortelle pour la beauté, où se mêlent la puissance du désir et la recherche de sa propre identité.

Du côté du fond

La forme développée par Salvatore Calcagno est basée sur l’évocation, l’amplification, le rythme et non sur l’illustration réaliste pure et simple.

Les costumes et le maquillage tirent leur inspiration aussi bien de l’univers mythologique que du monde de la mer.

Il s’agit de jouer sur la démesure, d’agrandir les gestes quotidiens, de les pousser au paroxysme pour mieux les décortiquer. L’expression des corps, leur manière de bouger est ici essentielle : la gestuelle transmet les émotions, fait percevoir ce que les paroles ne disent pas.

Accompagnant le langage des corps, le dialecte inventé que parlent les garçons est basé sur la sonorité des mots. La langue constitue ainsi un terrain de jeu, d’inventivité autant qu’un espace de lutte où les sons du texte transmettent des sensations à la manière d’une partition musicale.

Le garçon de la piscine est un spectacle théâtral construit comme une symphonie.

Du côté de la forme

Le désir

Moteur puissant qui pousse à agir, le désir peut aussi prendre des traits dangereux, dépassant toutes les limites. Dans le spectacle, la fascination pour la beauté devient un instrument de domination qui enferme les garçons, les soumet à une volonté de possession. Cependant, au fil de confidences dont le spectateur est le témoin privilégié, affleure la fragilité du tyran qui se retrouve lui-même incapable de résister à la force de ses propres désirs. D’autre part, une histoire d’amour naît entre l’un des garçons et Colomba, chargée de les soigner, et le désir est alors un élan vital, une source de guérison qui permet de retrouver sa force et de découvrir sa véritable identité. Le spectacle offre ainsi la possibilité de parler des différentes facettes du désir, de s’interroger sur sa complexité qui est une des dimensions du comportement humain.

L’identité

Les garçons ont un langage qui leur est propre, un dialecte inventé et recomposé qui leur permet d’affirmer leur appartenance à un groupe spécifique. Dans ce cas, la langue est un vecteur d’identité basé sur une reconnaissance réciproque, une façon de se définir, de se rallier mais elle est aussi un facteur d’isolement. A l’inverse, le langage des femmes est compréhensible pour le public et les confidences qui lui sont adressées permettent de créer un rapport direct, de laisser voir la fragilité et l’humanité. L’un des garçons, pour sa part, poursuit une recherche d’identité qui sera nourrie et développée par le biais d’une passion amoureuse et charnelle. Se chercher, se définir, savoir d’où l’on vient et ce qui constitue notre personnalité, accueillir le changement ou s’accrocher à ce que l’on connaît déjà, tant d’éléments auxquels chacun peut être confronté.

La quête de liberté

Les garçons portent chacun un nom italien correspondant à l’idée de liberté. Prisonniers dans une piscine, leurs corps se couvrent progressivement de taches mystérieuses, signes d’une maladie liée à l’enfermement. Leur rêve est de sortir, s’éloigner, atteindre la mer, prendre le large, s’émanciper de leur situation d’oppression. Il y a là un espoir de liberté, la recherche d’un ailleurs idéalisé. En présentant le chemin initiatique des personnages, le spectacle aborde la lutte entre d’une part, la volonté de prendre son indépendance et d’autre part, les pressions (morales, sociales, familiales), conscientes ou non, qui constituent autant d’obstacles à surmonter.