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Éther/After

Éther/After

Armel Roussel
12 - 23.01.2021

Fiche pédagogique

À 20h30 sauf les mercredis à 19h15  
Ce spectacle s'adresse à tou·te·s dès 16 ans.

Du côté du fond

LE THÉÂTRE DANS LE THÉÂTRE

Le précédent spectacle d’Armel Roussel, Long live the life that burns the chest[1], a modifié le rapport du metteur en scène avec le plateau/l’écriture de plateau. Il y racontait notamment, par l'intermédiaire de la vidéo, l'histoire de la construction du spectacle. Cette mise en abyme, cet enchâssement d’une scène de théâtre dans une autre scène de théâtre, est de nouveau au cœur de sa nouvelle création. Ether/After raconte l’histoire d’une troupe de théâtre qui monte un spectacle sur la jeunesse bruxelloise. Sur le plateau, des comédien·ne·s répètent une pièce sous les directives d’un metteur en scène. Le public assiste à un spectacle qui se monte à vue.

Le « théâtre dans le théâtre » est un procédé utilisé depuis très longtemps par les dramaturges et metteur·se·s en scène pour la liberté qu’il leur offre. On le retrouve notamment dans Le Songe d’une nuit d’été, comédie de William Shakespeare entre 1594 et 1595. La mise en abyme est également au cœur des œuvres emblématiques du dramaturge italien Luigi Pirandello. Dans Six personnages en quête d'auteur (1921), une famille vient déranger une troupe d'acteurs en pleine répétition pour leur demander d'interpréter un drame qu'ils ont vécu. Sur fond d'inceste et de séparation familiale, le vrai sujet de la pièce est en réalité celui des ressorts de l'illusion théâtrale.

La mise en abyme est également utilisée en peinture, dans les romans et au cinéma. Connaissez-vous d’autres exemples ? 

ENTRE RÉALITÉ ET FICTION 

Dans le solo Long live the life that burns the chest, la mise en abyme permettait à Jarmo Reha, le comédien, de transmettre aux spectateur·rice·s ce qu’il a vu et entendu lors de la période de recherche mais aussi de dévoiler des pans de son intimité. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est inventé ? Après tout, la vérité est-elle importante ?L’imbrication du réel avec la réalité a ouvert à Armel Roussel de nouvelles perspectives qu’il souhaite explorer dans sa nouvelle création Ether/After

Trois niveaux de réalité – la fabrication du spectacle, l’histoire personnelle des acteur·rice·s, la réalité de la jeunesse bruxelloise – côtoient trois niveaux de fiction – les rôles et métiers du théâtre, les histoires qui peuvent être inventées entre les acteur·rice·s, une fiction des jeunes bruxellois. Les comédien·ne·s interprèteront plusieurs personnages mais joueront également leur propre rôle. L’objectif est de créer un trouble pour questionner les codes de la représentation au et hors du théâtre. Où commence la représentation ? Au lever du rideau ? Quand finit-elle ? Aux applaudissements ? Les notions temporelles sont remises en question et tout devient une matière à jouer : l’achat du billet, l’entrée en salle…

Pensez-vous que la notion de vérité soit importante au théâtre ? Dans les arts en général ?
Arrivez-vous toujours à faire la distinction entre ce qui relève de la réalité ou de la fiction dans une œuvre ? Pourquoi à votre avis ? Est-ce que cela vous gêne ou pourrait s’avérer gênant, pour vous ou pour d’autres, dans certains contextes ?

DES THÉMATIQUES FORTES

Le spectacle se penche surtout sur la thématique de la jeunesse, période de mutation par excellence, où de nombreuses questions voient le jour. Pour récolter de la matière sur la réalité de la jeunesse bruxelloise, la compagnie collabore avec des groupes (Cf. Échanges et ateliers).

Ce thème riche permet d’en aborder d’autres – présents dans les précédents spectacles d’[e]utopia : l’amour, la jalousie, l’amitié, l’art, la politique, la mort, le sexe, la solitude, le désir, la liberté, la nostalgie, la révolution, la résignation, le romantisme… Ils permettent d’explorer d’autres champs d’action : le rapport homme/femme, le harcèlement sexuel, #metoo, le genre, la relation à la critique, la peur de vieillir, la peur de ne pas être à la hauteur, les rêves avortés…et notamment le rapport à l’autorité et à l’obéissance. Un spectacle qui, à travers le faux et le vrai, capte avant tout la vie.

Le monde du théâtre et les métiers de comédien·ne·s et de metteur·se·s en scène seront aussi interrogés. Jusqu’où peut-on jouer ? Y-a-t-il une limite à ne pas franchir ?

Quelles sont, selon vous, les caractéristiques de la jeunesse ?
Pensez-vous que la réalité de la jeunesse bruxelloise soit spécifique ? En quoi peut-elle se distinguer ou non de celle d’une autre jeunesse ?

INSPIRATIONS

Le travail d’Armel Roussel est nourri de nombreuses références. S’il a beaucoup puisé son inspiration au sein du théâtre expérimental américain et allemand pour ses précédentes œuvres, depuis Long live the life that burns the chest, ce sont les références cinématographiques qui s’imposent. Plusieurs films font notamment écho au travail de recherche pour Ether/After. Dans Les acteurs anonymes de Benoît Cohen, 9 comédien·ne·s se retrouvent aux Acteurs Anonymes, un centre de désintoxication au métier d'acteur perdu au cœur de l'Aveyron. Dans For Ever Mozart de Jean-Luc Godard, deux cousins partent pour Sarajevo pour y jouer On ne badine pas avec l’amour de Musset en pleine guerre de Bosnie (1992-1995). Dans La nuit américaine de François Truffaut, les hauts et bas d’un tournage permettent d’interroger le cinéma lui-même, univers de faux-semblants.  

Quel·le·s auteur·e·s; réalisateur·trice·s ou artiste vous inspireraient si vous deviez créer une œuvre ? Nos références musicales, littéraires, cinématographique... nous influencent-elles beaucoup ?


[1] Long live the life that burns the chest est repris au Théâtre Les Tanneurs du 27 au 29 janvier 2021

Du côté de la forme

UNE IMPORTANTE DISTRIBUTION

Arme Roussel travaille généralement avec beaucoup d’acteur·rice·s sur le plateau. L’équipe d’Ether/After regroupe onze comédien·ne·s aux parcours variés. Certain·e·s sont issu·e·s des écoles de théâtre belges et/ou ont déjà participé à plusieurs projets de la compagnie [e]utopia. D’autres ont rejoint l’équipe suite aux voyages d’Armel Roussel pour l’écriture de Long live the life that burns the chest. C’est le cas notamment de G. Mani Bharati, comédien indien, que les spectateur·rice·s du Théâtre Les Tanneurs ont pu découvrir en vidéo dans son spectacle précédent. Jarmo Reha, comédien de Long live the life that burns the chest fait également partie de l’équipe.

L’équipe étant internationale, il se peut donc qu’une partie du spectacle soit jouée en anglais et surtitré en français.

LE RAPPORT À L’IMAGE

Comme dans Long live the life that burns the chest, la vidéo prendra une place importante dans Ether/After. Elle permettra, par exemple, de rendre compte des étapes de travail qui se dérouleront à l’étranger. L’équipe du spectacle partira en Inde en novembre 2020. Pour parler de la jeunesse bruxelloise, Armel Roussel souhaite utiliser les mêmes outils que les jeunes. Une partie des vidéos sera donc filmée avec des smartphones. 

La multiplicité des niveaux de réalité et de fiction (cf. Du côté du fond) permet aux comédien·ne·s de jouer avec différents types d’adresse au public. Des codes spécifiques au spectacle se mettent en place. Lorsque les acteur·rice·s jouent à être en répétition, ils ne tiennent pas compte de la présence des spectateur·rice·s. Il s’agit des codes de représentation classique avec l’utilisation du 4ème mur. À l’inverse, lorsqu’ils jouent à être en représentation, les comédien·ne·s peuvent s’adresser directement au public.

Echanges & ateliers

PARTICIPER À LA CRÉATION

Pour créer ce spectacle, la compagnie désire entendre et s’inspirer de la parole de la jeunesse bruxelloise. Pour continuer le travail de recherche commencé la saison dernière, la compagnie propose à 3 classes et à 1 groupe associatif d’adolescent·e·s (13-19 ans) de travailler avec eux autour de différentes thématiques (la naissance du désir, les tabous, les rapports hommes/femmes, l’autorité, la religion, la mort, etc.) dans le Bruxelles d’aujourd’hui. Le matériel dramaturgique qui sera extrait de ces ateliers sera ensuite utilisé, avec le consentement des jeunes, dans le travail de création qu’Armel Roussel entamera avec les acteur·rice·s.

Cette collaboration permettra aux classes/groupes volontaires et leurs professeur·e·s /accompagnateur·rice·s de se retrouver à la naissance d’un processus de création. À travers des ateliers d’écriture, de lecture et de jeu, ils seront amenés à élaborer un matériau de travail qu’ils verront ensuite être porté à la scène par une compagnie professionnelle. Le format proposé est celui de 7 ateliers de 2x50 min.

La compagnie cherche déjà à rencontrer des jeunes à partir de la rentrée et jusqu’au 20 novembre 2020 (voir périodes possibles dans le calendrier général au milieu de la brochure).

ACCOMPAGNER LA VENUE AU SPECTACLE

Pour les classes ou les groupes qui ne peuvent pas participer à la partie « recherche », Romain Cinter, comédien du spectacle, propose une rencontre de 50 min ou un atelier de 2x50 min dans vos locaux. Ces rendez-vous pourront avoir lieu avant ou après la venue au spectacle à partir du mercredi 13 janvier 2021.