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Avant la fin

Avant la fin

Catherine Graindorge
23.01 - 03.02.2018

Fiche pédagogique

Le 19 avril 2015, Michel Graindorge s’est éteint. L’avocat engagé, personnage public, était aussi le père de la comédienne et violoniste Catherine Graindorge. Un fait divers assez banal : un homme meurt, une fille perd son père.

Loin de tout hommage, Catherine Graindorge raconte le lien père/fille et la perte de ceux qu’on aime. Elle revient en mots, en images et en musique sur les quinze derniers mois de la vie de son père, sur leur passé commun mais aussi et surtout sur le présent, sur ces traces que nous laissent les absents.

Raconteuse d’histoires, elle distille les émotions, joue avec l’absurdité des situations, manie la poésie des images et l’humour pour construire un récit à la fois drôle, tendre et touchant.

Du côté du fond

Le travail de Catherine Graindorge part toujours du réel, d’évènements, petits ou grands, qui la concernent ou qui la touchent. Dans ce projet, sa démarche est personnelle et intime, elle a donc choisi la forme du seul-en-scène pour donner corps à ce projet autobiographique qui mêle son univers personnel théâtral et sonore.

Son travail de comédienne et de musicienne conjoignent pour donner à voir un spectacle-récit. Elle utilise à la fois la musique (avec une attention particulière portée à la spatialisation du son en utilisant l’espace théâtral dans toutes ses possibilités) et des procédés narratifs et théâtraux maîtrisés pour emmener le spectateur dans son récit.

Du côté de la forme

IDENTITÉ / FILIATION

Catherine Graindorge écrit et met en scène un récit personnel, dont le matériau fondamental est autobiographique : elle raconte sur scène la relation avec son père, revient sur la fin de vie et la mort de ce dernier, remonte le fil de leur histoire. La question de l’identité traverse sa recherche théâtrale, et la relation à son père cristallise bon nombre d’interrogations qui gravitent autour de cette problématique de la construction identitaire : comment se construit-on en tant que personne et en tant que femme quand la figure paternelle est un personnage public, une personne dont le nom que l’on porte également est connu de tous ? Qu’est-ce que cela implique sur la relation père/fille ? À quel point nos parents nous définissent-ils ? Quels peuvent être les conséquences de leur mort, de leur départ ?

ENGAGEMENT

Un des points communs entre Catherine Graindorge et son père est leur engagement dans leur métier respectif et la recherche de sens dans ce qu’ils font. Michel Graindorge était un avocat bien connu, personnage public qui s’est beaucoup investi pour remettre en question et améliorer les conditions de détention dans les prisons, pour combattre les injustices et défendre les droits des détenus et des plus démunis. Cet engagement, ce besoin de trouver du sens et d’en injecter dans ce qu’il faisait a nourri Catherine la comédienne, la musicienne, la personne, qui s’engage elle aussi pour ce en quoi elle croit et pour donner du sens aux évènements, aux choses, à sa vie. Pour elle comme pour lui, il s’agit d’agir, d’être dans la concrétude, pour exister pleinement. Qu’est-ce que l’engagement ? Comment le définir ? Quelles formes peut-il prendre ? Comment peut-on donner du sens ? Être artiste, est-ce une façon de s’engager ?

ENFERMEMENT

L’enfermement traverse en filigrane le spectacle de Catherine Graindorge. La question carcérale a toujours beaucoup préoccupé Michel Graindorge, qui a fait de la prison avant d’être acquitté et dont le père était lui-même gardien de prison : quelle vie peut-on avoir derrière des barreaux ? La détention est-elle une solution ? Qu’implique pour une personne la privation de sa liberté ? Qu’est-ce que la liberté, finalement ? Cette problématique est revenue également concrètement à lui lors de son hospitalisation en fin de vie : être obligé de rester alité, être malade et ne pas pouvoir disposer pleinement de son corps (ou de son esprit), c’est également une forme d’enfermement, de restriction de la liberté individuelle. Comment s’y adapte-t-on ?

PERDRE UN PROCHE / LE DEUIL

Le spectacle de Catherine Graindorge raconte les derniers mois de vie de son père, son décès et les mois qui ont suivi son départ. La mort de son père et sa façon à elle de l’avoir appréhendée est au centre du récit. Son texte aborde la question de la mort et de la perte d’un être cher avec justesse, et même avec humour. Encore parfois considérée comme un sujet tabou et dont il est difficile de parler, la mort est ici remise au centre de la vie. Catherine Graindorge porte un regard tendre et parfois malicieux sur la quotidienneté et l’absurdité des évènements, et souligne la manière dont la vie continue son cours. Son père lui-même lui avait demandé avant de mourir de faire quelque chose pour lui après sa mort. Elle a choisi de faire un spectacle. Avant la fin est traversé par cette question du deuil, du souvenir, de la réaction des vivants à la perte. Comment faire face au départ d’un proche / d’un père ? Que nous laissent et nous apprennent nos proches décédés ? Continuent-ils à vivre à travers nous ?

Echanges & ateliers

Ce spectacle s’adresse à tous à partir de 12 ans.

Catherine Graindorge est disponible pour faire des ateliers en amont ou en prolongement du spectacle les jeudi 25, vendredi 26 janvier et la semaine du 29 janvier au 2 février 2018, en journée.

Elle propose un atelier de 2 x 50 min en classe.

Une première partie de l’atelier se ferait sous forme d’atelier d’écriture qui questionnerait au choix (à décider en collaboration avec le professeur ou en classe avec les élèves ):

1. Le rapport des ados aux parents. La notion de transmission :
• Que sont pour moi mes parents à part une figure d’autorité ?
• Qu’est-ce que mes parents peuvent m’apporter ?
• Est-ce qu’on échappe à son éducation ?
• La révolte n’est elle pas aussi une réponse à l’éducation que l’on reçoit ?

2. Écrire à propos de ses grands parents ou de parents proches disparus.

3. D’où je viens ? Qui sont mes ancêtres ? Qui je suis moi ?

Une deuxième partie consisterait à explorer comment on raconte. Qu’est-ce qu’on garde d’un récit que l’on écrit ?