Tickets
Après la peur

Après la peur

Armel Roussel / [e]utopia3
05 - 09.11.2014

work in progress

Fiche pédagogique

Après la peur (work in progress) est une proposition née de la fusion de deux idées. D’une part, la volonté d’Armel Roussel de retravailler son spectacle La peur créé en 2013 au Théâtre National. D’autre part, son désir de poursuivre une collaboration avec les auteurs québécois Gilles Poulain-Denis et Sarah Berthiaume. A trois, ils élaborent une forme théâtrale originale : emmener à travers la ville des spectateurs répartis dans des minibus qui abritent chacun un univers particulier, développé par un artiste de la francophonie. Le spectateur a ici une part active, il influence le déroulement du spectacle. Une étape de travail est présentée en 2014, avant que le spectacle ne soit programmé dans sa forme aboutie en 2015.

Du côté du fond

A leur arrivée au théâtre, les spectateurs choisissent trois trajets parmi une dizaine qui leur est proposée, en fonction des univers qui attisent leur curiosité (l’amour, les miracles, le polar, la science-fiction,…).

Ils se réunissent ensuite en petits groupes dans la salle selon leur choix et, en compagnie d’un acteur du spectacle, discutent des raisons de leur choix et de ce qui serait pour eux une soirée paradisiaque. Toutes les idées sont rassemblées et lues à voix haute.

Ensuite les différents groupes se dirigent vers un minibus qu’ils ont sélectionné pour effectuer un trajet d’une demi-heure dans la ville. Les dix minibus sont transformés en réceptacles où les spectateurs peuvent être en contact avec des textes et des sons de la radio, observer la ville, vivre des situations qui se créent de façon inopinée ou au contraire préparées par l’équipe artistique. Chacun pénètre dans les univers de trois minibus différents au cours de la soirée.

Après les trois trajets, tout le monde revient au théâtre assister à une très courte représentation qui contient toutes les idées formulées à propos d’une soirée paradisiaque au moment de commencer le parcours.

Audacieux, hors des sentiers battus, en contact direct avec le terrain de la ville et les mille et une possibilités de jeux qu’elle permet, Après la peur (work in progress) propose une forme de spectacle qui permet à chacun de vivre le théâtre sur un mode inhabituel. Dans cette étape de travail, les spectateurs sont invités à être complices de la construction de ce projet insolite.

Du côté de la forme

La ville

Les trois concepteurs du projet abordent des thèmes liés à une question cruciale : comment vit-on ensemble dans les grandes villes ? Ce noyau central soulève différentes pistes d’interrogations qui concernent la liberté, le sentiment de sécurité, les règles (pourquoi y en a-t-il ? existent-elles pour être transgressées ? de quelles façons nous sauvegardent-elles et nous oppriment-elles ?), le rapport à la ville. Le questionnement sur le vivre ensemble est à l’origine de la raison d’être du théâtre et la particularité de cette proposition est qu’elle prend place dans la ville et même dans plusieurs villes (parmi lesquelles Montréal, Bruxelles, Vanves et Limoges). La ville est considérée comme un terrain de jeu et chaque terrain possède ses propres règles du jeu.

La francophonie

Le spectacle s’appuie sur les différentes formes d’existence de la langue française, la variété des mots et expressions qui la constituent selon l’endroit où elle est parlée. Mis à part les deux auteurs québécois, Armel Roussel a fait des commandes d’écriture à des auteurs francophones de différentes nationalités qui apportent chacun leur touche, leur façon de parler, leur manière de s’exprimer, leur imaginaire.

La quête

Le spectacle se développe au sein de dix minibus qui effectuent des trajets différents dans la ville. Chaque minibus correspond à une quête bien définie, qu’il s’agisse de chercher quelqu’un, quelque chose ou un sentiment. Le déplacement s’effectue donc en fonction d’un objet à atteindre. Le lien commun à tous ces minibus est L’Abécédaire de Gilles Deleuze. Dans ce film découpé en vingt-cinq thèmes classés par ordre alphabétique, le philosophe français Gilles Deleuze aborde certaines de ses idées ainsi que des questions plus personnelles en lien avec son travail. Trois lettres sont associées à chaque minibus.