KUNSTENFESTIVALDESARTS
Mai 2010
Comme chaque année au mois de mai le Théâtre Les Tanneurs accueille le Kunstenfestivaldesarts. Ce festival de créations au cœur de Bruxelles affiche à son programme des spectacles créés par des artistes francophones, néerlandophones, occidentaux et non-occidentaux.
Vera Mantero
Vamos sentir falta de tudo aquilo de que não precisamos
13/05 – 18:00
12, 14, 15/05 – 20:30
POR / FR > NL / FR
1h20min
Meet the artists after the performance on 13/05
Un homme entre en scène. Il fouille la tête de mannequin qu’il tient en main et en retire triomphalement un objet. Il le jette à terre. Et sort. Inscrite dans un décor à la beauté charnelle et portée par un paysage sonore ambigu, cette action sera répétée encore et encore. Et le sol de se joncher d’un collier, de bonbons, d’une voiturette, d’une arme, de poudre blanche… Vera Mantero joue de l’équilibre entre répétition et variation pour maintenir notre regard en alerte. Car si l’action semble toujours identique, les différentes qualités de son exécution déploient la richesse potentielle d’une particule performative élémentaire. Et l’émotion affichée face aux objets, de la joie au dégoût en passant par la curiosité ou la peur, traduit notre propre complexité.
Depuis plus de vingt ans, Vera Mantero anime le paysage chorégraphique d’une radicalité qui oppose les puissances visionnaires de l’inconscient aux violences du monde. Avec We are going to miss everything we don’t need elle réarrange les flux de production, de consommation et de destruction qui régissent notre rapport à l’objet. Et questionne, avec une poétique sauvagerie, notre quête du bonheur.
Mariano Pensotti
El pasado es un animal grotesco
29/05 – 18:00
26, 27, 28/05 – 20:30
ES > NL / FR
2h15min
Meet the artists after the performance on 27/05
Durant le festival 2006, il avait fait déferler sa Marea dans la Rue de Flandre. Cette année, le talentueux metteur en scène argentin Mariano Pensotti nous propose de traverser la vie de quatre personnages entre 1999 et 2009. On dira qu’ils font partie de la classe moyenne de Buenos Aires et que, âgés de 25 à 35 ans, ils représentent une génération globalisée ne se revendiquant de rien d’autre que d’elle-même. À travers un montage d’instantanés, de moments ordinaires ou extraordinaires, leurs histoires individuelles sont racontées avec en toile de fond les changements sociaux survenus durant la dernière décennie. Un plateau circulaire, cloisonné en trois espaces de jeu, tourne pour faire apparaître en fondu enchaîné un carrousel de brèves situations. Personnages et décors se métamorphosent en un tour de main. Doux-amer comme le cinéma de la Nouvelle Vague, le théâtre de Pensotti est fait de « short cuts ». Dans El pasado es un animal grotesco, il cadre serré les détails d’un récit biographique choral pour atteindre au plan large du « roman-monde ».