babil, havran et Fidèle à l'éclair
Karine Ponties / Dame de Pic – Cie Karine Ponties

De cette danse apparemment libre et qu’on sent millimétrée, de ces tableaux suggestifs (ah, ces lumières crépusculaires ou vives de Florence Richard ou Jules Petit Etienne), surgit une inquiétante étrangeté tempérée par un humour discret : avec une liberté d’interprétation qui ne cale pas le fantasme de l’épouvantail dans des normes mais oblige chacun à réinterpréter la partition proposée.
Christian Jade, rtbf.be, 27/04/2011
Pour une drôle d'idée, c'en est une. Mais étonnante, séduisante aussi, tant on se demande ce qu'elle va devenir sur le plateau. Chorégraphier un solo sur le thème de l'épouvantail, cette vieille chose que l'on contemple encore parfois dans les champs, n'est pas donné à tout le monde. Il faut s'appeler Karine Ponties et posséder déjà un goût certain pour le fantastique et l'incongru pour se confronter à un personnage pareil. Voilà donc "Babil", interprété par un homme, qui s'en prend à ce morceau de bois vêtu d'un bout de tissu pour faire peur aux oiseaux. Le talent de Ponties pour extirper des sensations rares d'éléments bizarres fait de ce spectacle un rendez-vous comme on les aime. Tout sauf banal.
Rosita Boisseau – Télérama / Sortir, 2 février 2011.
Fidèle à l'éclair et havran : deux solos, joyaux de Karine Ponties, clôturent le festival Traverses.
Vendredi et samedi, deux créations de la Dame de Pic ont fait battre le coeur au Centre chorégraphique d'Orléans.
La première pièce ne dure que vingt minutes, ce n'est qu'une pure merveille de délicatesse et de fulgurance. Seul en scène, évoluant sur une musique originale et bande son de David Monceau, Jaro Vinarsky, danseur portant sur les épaules un long bambou qui n'est pas sans évoquer la ligne courbe de l'horizon, est cet épouvantail de plein champ mis en danse par Karine Ponties. Roulé par les vents, jeté au sol tel un chiffon ou se relevant comme une flamme, ce funambule offre une folle pantomime qui émerveille et force l'admiration.
Toujours sur le thème de l'épouvantail chorégraphié par la directrice de la compagnie Dame de Pic, c'est à Claudio Stellato d'entrer cette fois en scène pour un solo intitulé « Fidèle à l'éclair ». D'une durée de vingt minutes et sur « God speed you black Emperor », cette pièce est d'une pure beauté et peu à peu poignante. Place ici à l'épouvantail qui tente de se dégager de sa croix de bois. Cela fait, cet être tente de parler, balbutie, gambade, chute, souffle, s'effondre et se relève. Comme tout être malmené par une foule de sentiments. Performance émouvante d'un très grand danseur.
Jean-Dominique Burtin – la République du Centre, 22 décembre 2008.
(…) c’est à une tout autre suspension que se livre un remarquable danseur, Claudio Stellato. Dans un solo, Fidèle à l’éclair, chorégraphié par la Belge Karine Ponties, il parvient à prendre la forme d’un épouvantail. Contraint par son piquet, Stellato s’emmêle les guibolles et les bras. Comme poussé par un vent fort, il s’étire à outrance. Puis se libère et part gambader dans le jardin, chute et se relève. Le sang lui monte à la tête : joues gonflées, il semble prêt à exploser. Tout est joliment tourné, le solo est une performance. Pas sûr qu’il fasse fuir les volatiles, qui devraient plutôt se poser sur lui tant il est avenant. Cette pièce est la première d’une série (à suivre) créée sur le thème de l’épouvantail, ancestral, inquiétant et poétique.
Marie-Christine Vernay, Libération, 20 juin 2008.
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